NOUAKCHOTT, 22 oct (AFP)
La campagne pour l'élection présidentielle du 7 novembre en Mauritanie a officiellement commencé mercredi à 00H00 (même heure , dans l'effervescence mais aussi dans la suspicion, l'opposition ayant réitéré mardi ses craintes quant à la transparence du vote.
Pendant quinze jours, jusqu'au soir du 5 novembre, les six candidats, dont le président Maaouiya Ould Taya, au pouvoir depuis 1984, vont sillonner le pays, tenir débats, réunions et meetings.
Le chef de l'Etat sortant, candidat du Parti républicain démocratique et social (PRDS), fera un meeting dans toutes les capitales régionales, a indiqué à l'AFP son porte-parole, Mohamed Vall Ould Bellal. Il en tiendra un à Nouakchott sans doute le dernier jour de la campagne, a-t-il ajouté.
L'opposant Ahmed Ould Daddah, candidat du Rassemblement des forces démocratiques (RFD) et demi-frère du premier président mauritanien Moktar Ould Daddah, décédé le 14 octobre, prévoit lui aussi de terminer sa campagne à Nouakchott et d'y tenir un "grand meeting" le 5 novembre. "Ce sera le point d'orgue", dit-il.
L'ancien président Mohamed Khouna Ould Haidalla, au pouvoir de 1980 jusqu'à son renversement en 1984 par Maaouiya Ould Taya, devait tenir dès mercredi une réunion publique à Nouakchott, sillonner le pays en voiture et en avion, puis revenir dans la capitale pour la fin de la campagne, selon son porte-parole Ely Ould Sneiba.
Messaoud Ould Boulkheir, candidat de l'Alliance populaire progressiste (APP), premier "Haratine" (descendants d'esclaves) à briguer la magistrature suprême, compte également mener dans le pays une "caravane", pour tenir des rassemblements dans les villes principales, dans "certains départements considérés comme importants, en plus des arrêts jugés obligatoires", a-t-il lui aussi expliqué à l'AFP.
Deux autres "petits" candidats, Moulaye Hacen Ould Jeyed, qui s'était déjà porté candidat aux précédentes élections, et Aïcha Mint Jeddane, première femme candidate à une présidentielle en Mauritanie, brigueront le 7 novembre les suffrages des quelque 1,1 million d'électeurs inscrits.
Pour cette campagne, "on fait ce qu'on peut, dans les limites drastiques de nos finances", souligne Ahmed Ould Daddah. "On essaie d'être présents dans toutes les régions (...), avec pratiquement pas de moyens", affirme aussi Messaoud Ould Boulkheir.
Face à la machine électorale du parti au pouvoir, la plupart des candidats de l'opposition, dont l'objectif commun est l'avènement de l'alternance, se plaignent du manque de moyens, mais s'inquiètent aussi de signes annonciateurs de fraudes, selon eux.
Mardi, Ould Boulkheir, Ould Haidallah et Ould Daddah ont de nouveau fait part lors d'une conférence de presse conjointe de leurs doutes quant au déroulement équitable du vote.
Le pouvoir affirme de son côté que toutes les dispositions ont été prises pour assurer une élection libre et transparente.
Si aucun candidat n'obtient la majorité absolue des voix le 7 novembre, un second tour de scrutin opposera deux semaines plus tard les deux candidats ayant recueilli le plus de voix au premier.
Ces élections sont organisées cinq mois après la tentative de coup d'Etat lancée le 8 juin contre le président Ould Taya, qui avait été maîtrisée par les forces loyalistes après 36 heures de combats.
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