NOUAKCHOTT, 18 oct (AFP)
Les Mauritaniens ont dit adieu samedi à leur premier président Moktar Ould Daddah, décédé le 14 octobre dans un hôpital parisien à l'âge de 79 ans, lors de funérailles simples et dépouillées, conformes à la tradition islamique.
Le corps du "père de la nation" mauritanienne, qui fut au pouvoir de 1961 jusqu'à son renversement par un coup d'Etat en 1978, a été rapatrié à Nouakchott peu après 10H30 locales (même heure GMT) à bord d'un Boeing 727 d'Air Mauritanie spécialement affrété par les autorités.
Son épouse d'origine française, Marie-Thérèse, appelée Mariem en Mauritanie, ainsi qu'un de ses fils, Mohameden, et des amis, l'avaient accompagné depuis Paris, où l'ancien président avait été hospitalisé dans le courant de l'été.
Pour accueillir le cercueil, couvert du drapeau national, le secrétaire général de la présidence et le directeur de cabinet du président Maaouiya Ould Taya représentaient les autorités, aux côtés notamment de l'ambassadeur de France, d'anciens collaborateurs de Moktar Ould Daddah, d'amis et de membres de sa famille - son fils Ezzedine et sa fille Saiza, ses frères et soeurs...
Conformément à la tradition musulmane locale, la cérémonie d'accueil était simple, sans hymne national ni levée des couleurs.
La veuve de l'ancien président, portant un voile noir, a fondu en larmes lorsqu'elle a retrouvé sa belle-famille, en particulier Oumametou, la soeur de Moktar Ould Daddah qui avait pris soin de ses enfants lorsqu'il avait été arrêté, après le coup d'Etat de juillet 1978.
A l'extérieur de l'aéroport s'étaient regroupées quelques centaines de personnes, calmes et silencieuses.
Un peu plus de deux ans auparavant, le 17 juillet 2001, les amis, parents et sympathisants de l'ancien président étaient venus l'accueillir au même aéroport. Avec son épouse, il rentrait alors de plus de vingt ans d'exil en France, où il était parti après avoir été renversé par un "comité militaire de salut national" (CMSN), dont faisait partie l'actuel président.
Peu après son arrivée samedi, le cercueil, placé dans une ambulance de la gendarmerie, a été conduit à la mosquée centrale de Nouakchott, que le président Ould Daddah avait fait construire et où il allait lui-même prier lors des grandes fêtes islamiques.
Le chef de l'Etat et les membres de son gouvernement, le corps diplomatique musulman et un demi-millier de personnes réunies dans l'enceinte de la mosquée, ont assisté à la "prière sur la dépouille mortelle", qui a duré un quart d'heure environ.
Dite par l'imam de la mosquée centrale, cette prière s'est déroulée selon le rite malékite en vigueur en Mauritanie, selon la plus simple expression de la tradition islamique.
Le cortège funèbre, longue file de véhicules, a ensuite emprunté la "route de l'espoir" pour se rendre à Boutilimit, ville natale de l'ancien président, située dans le désert à 150 km au sud-est de Nouakchott, peuplée de 15 à 20.000 habitants.
Moktar Ould Daddah y a été inhumé en début d'après-midi, au cimetière de Baalatia, où s'étaient massées plusieurs milliers de personnes qui ont assisté à une prière dite pour le président défunt, a indiqué Mohamed Fall ould Oumer, directeur du journal privé La Tribune, présent à l'enterrement.
M. Ould Oumer a affirmé avoir assisté à des scènes d'hystérie, bien que la religion islamique impose la retenue en pareille circonstance.
Dans le même temps, la radio nationale a continué samedi à diffuser le Coran, malgré la fin du deuil national de trois jours décrété à l'annonce de la mort de l'ancien président.
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